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Kamel Ouali : En état de grâce
lundi 11 décembre 2006
par Sandra Karas
popularité : 50%

Un an après le magnifique succès du Roi Soleil, le metteur en scène, Kamel Ouali, propose un spectacle revisité avec des musiciens en live. Rencontre avec un homme de cœur et de talent.

Sandra Karas : Vous êtes revenu cette année avec une seconde version du Roi Soleil. De quoi s’agit-il ?

Kamel Ouali : On présente une version live inédite avec des musiciens sur scène pour apporter une nouvelle dynamique au spectacle et une nouvelle perspective. Je suis impatient de voir la réaction du public parce que je suis certain que cela va en surprendre plus d’un.

S.K. : Cette deuxième version est-elle là pour insuffler des éléments de mise en scène que vous n’aviez pas eu le temps de mettre en place il y a un an ?

K.O. : Non. C’est qu’en décidant de mettre des musiciens sur scène, il fallait naturellement refaire d’autres choix artistiques pour que le spectacle reste cohérent. De toute façon le sujet est tellement riche que je pourrais faire un spectacle entièrement nouveau.

S.K. : Parvenez-vous à canaliser votre créativité pour ne pas effectuer des changements de dernière minute ?

K.O. : Je suis capable de changer un élément de la mise en scène cinq minutes avant le lever de rideau. Ca ne m’effraye pas. Un jour, l’une de mes danseuses m’a fait un joli compliment. Elle m’a comparé à un peintre qui réajuste sa toile avec une ombre, une touche de couleur. Je suis perfectionniste, je ne cherche pas à lutter contre ça, c’est l’essence même de mon travail.

S.K. : Comment avez-vous rencontré Dove Attia et Albert Cohen, les deux producteurs du Roi Soleil ?

K.O. : On s’est connu au moment des « 10 commandements », on s’est retrouvé sur « Autant en emporte le vent » et quand l’idée du Roi Soleil m’est venue je l’ai proposé à Albert Cohen. Dove Attia avait rêvé qu’il montait ce spectacle, et donc on s’est lancé tous les trois dans cette aventure.

S.K. : Avez-vous déjà été confronté à des problèmes de racisme ?

K.O. : Quand j’enseignais au Conservatoire de la Courneuve et de Saint-Denis, c’est arrivé mais ça s’est toujours rapidement réglé. En revanche, je me souviens qu’à mes débuts je participais à l’un de mes premiers spectacles et on m’a dit qu’on ne mettrait pas mon nom sur l’affiche parce que ça n’était pas vendeur. Je leur ai dit que s’il ne mettait pas mon nom, j’arrêtais tout, tout de suite. Alors ils l’ont rajouté en bas en minuscule...

S.K. : Etes-vous musulman pratiquant ?

K.O. : Je suis un musulman attaché à sa culture, à ses traditions, à sa famille. Le plus important quelle que soit la religion que l’on pratique c’est le respect de chacun.

S.K. : Vous êtes parti en vacances en Israël deux ans de suite. Qu’est-ce qui vous a attiré là-bas ?

K.O. : C’est un pays Juif et Arabe. Il n’y avait pas de raison que je n’y aille pas. Je m’interrogeais sur ce pays, j’avais envie de voir ce qui s’y passait. J’ai été agréablement surpris par la façon dont vivent les gens. J’ai fait des jolies rencontres.

S.K. : Qu’avez-vous vu du pays ?

K.O. : Je suis allé à la Mer Morte, à Tel-Aviv et à Jérusalem. J’ai été fasciné par la beauté de Jérusalem et par l’âme qui s’en dégage.

S.K. : Etes-vous optimiste quant à une issue pacifiste au Moyen-Orient ?

K.O. : Je l’espère de tout mon cœur. Ca viendra, je suis certain que la paix s’installera, ça ne peut pas en être autrement. Juifs et Musulmans se ressemblent tellement que ce n’est pas possible qu’ils ne parviennent pas un jour à vivre ensemble en bonne intelligence.

S.K. : Qu’est-ce qu’il faut savoir de l’Islam pour ne pas en avoir peur ?

K.O. : Il ne faut en aucun cas avoir peur de l’Islam. Il faut avoir peur des extrémistes de tous bords mais certainement pas d’une religion.

S.K. : Ce n’est pas un peu convenu comme réponse ?

K.O. : C’est difficile pour moi d’argumenter longuement parce que je ne me sens pas l’âme d’un porte-parole. Je n’ai pas les épaules assez solides pour ça.

S.K. : Etes-vous inquiet quant à la pérennité des relations entre les communautés juives et musulmanes en France ?

K.O. : Ceux qui amènent ces tensions sont minoritaires, il ne faut pas leur accorder plus d’importance que ça. Je suis très serein quant à l’avenir des relations entre nos deux communautés parce que lorsque j’étais en Israël, j’ai vu des Juifs et des Musulmans partager la même table et les mêmes fou-rires. Nos cultures sont tellement proches, il n’y a aucune raison pour ne pas s’entendre. Il faut s’ouvrir aux autres pour mieux se connaître. C’est l’ignorance qui mène à la peur.

 
Post Scriptum :
Infos + Le 22 février 2007, la troupe se produira au Grimaldi Forum à Monaco pour une soirée de gala exceptionnelle au cours de laquelle les bénéfices seront entièrement reversés à Fight Aids Monaco présidée par la Princesse Stéphanie. Les artistes de la troupe chanteront leurs plus grands succès accompagnés de Lââm, Leslie, M Pokora, Robert Hossein, Natasha Saint Pier… Billets en vente dès le 8 décembre

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