
« Ne dédaigne aucun homme et ne méprise aucune chose car il n’y a pas d’homme qui n’ait pas son heure et il n’y a pas de chose qui ne trouve sa place. » Traité des Pères (4.3)
DE L’IDENTITE A LA COMMUNAUTE
Si l’on réduit l’identité à la personnalité de l’être, elle se définie selon une orientation purement individuelle et dès lors qu’elle renvoie à son statut minoritaire, l’individu tente alors de se regrouper en communauté, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais qui n’a jamais entendu parler de communauté et de sa dérive : le communautarisme. De la caractéristique d’unicité découlerait donc l’identité communautaire ? Pas nécessairement, car l’homme n’obéit pas qu’à une seule logique, de plus associer la réduction identitaire à personnalité n’implique pas obligatoirement un besoin d’identification qui aurait comme satisfaction l’appartenance communautaire. La diversité n’est donc pas un obstacle au savoir-vivre ensemble, il faudrait comme le souligne Pierre-André Taguieff (1) : « (…) reconnaître à chaque individu le droit d’assumer une appartenance, et reconnaître sans le même temps le droit de s’en défaire ou celui de choisir n’importe quelle autre identité »
L’IDENTITE JUIVE
S’il est une question que beaucoup de posent (Juifs ou non Juifs) c’est bien : Qu’est-ce qu’être Juif ? Les explications sont si variées. Ainsi pour Jean-Paul Sartre « c’est l’antisémite qui fait le Juif », cette vision terriblement réductrice reviendrait à offrir une quasi-légitimité à ce poison qu’est l’antisémitisme. Mais la pensée Sartrienne ne se cantonne pas qu’à cette idée, elle reconnaît au peuple Juif l’adaptation remarquable à certaines mesures antisémites de notre histoire. A titre d’exemple, Israël considère comme Juif celui (ou celle) qui a au minimum un parent Juif, reprenant ainsi les mesures Judéophobes du III ème Reich afin justement de protéger et de recueillir ceux qui ont souffert des persécutions nazies. En outre, il existe également une définition religieuse -et précise- de ce qu’est être Juif. D’après la loi Halakhique, la transmission du Judaïsme s’effectue uniquement par la mère, notons que ce mode de transmission uniquement matrilinéaire à un caractère inique évident. Le mouvement Juif libéral –particulièrement important aux Etats-Unis et représenté en France par le MJLF, renonce à ce principe. D’une manière générale, pour beaucoup de Juifs, c’est d’abord l’attachement aux traditions -de toutes sortes et de toutes origines (Ashkénazes, Sépharades, Yéménites, Falashas etc..) qui prime.
En définitive, la définition de l’identité Juive revient aux Juifs eux-mêmes, et varie selon que l’on aborde la question d’un point de vue purement religieux, traditionnel, cultuel ou culturel. Donc que vous soyez gay, noir, religieux, laïc, assimilé ou libéral mais que vous vous sentez profondément Juif soit par l’étude studieuse et approfondie du Talmud, soit par votre attachement à Israël ou par parce que vous appréciez l’ambiance communautaire, affirmez votre identité Juive, sans que cela implique bien sûr un repli sur soi. Il n’est d’ailleurs peut-être pas sans intérêt de faire observer que L’Etat Juif offre une fantastique vision d’un Judaïsme pluriel et unifié derrière un drapeau et un hymne.
Simon COYAC
1- La République enlisée